Un long silence puis un retour à moi.


La vie est parfois faites d'épreuves plus ou moins douloureuses et je viens vous en conter ma traversée. J'ai longtemps réfléchi à l'idée de vous faire un article à ce sujet car mêlant émotions et vie intime je voulais m'assurer de la place de ce genre de sujet par ici.

Et puis finalement... Ce ne sont pas les faits qui importent mais bel et bien comment une femme avance dans la vie, tout simplement. Et cela, c'est exactement le but de cet endroit.

Il faut dire aussi que la fin... Non... la continuité de vie est heureuse et cela est si important a souligner et à mettre en avant.


Cela a commencé il y a quelques mois par le choix de mettre fin à deux chemins de vies qui ne correspondaient plus. Cette décision est apparue pour nous deux comme une évidence bien que ce fut moi qui lança les choses.

Effectivement cela faisaient quelques temps que cette échéance pointait son nez, mais par amour et volonté de conserver un schéma familial tel que la société nous l'inculque, nous persévérions... Psy, thérapeute, discussions, modulations, temps, projets, ...

Et puis l'évidence arrivait. Nous ne vivions plus pour nous même mais dans le seul et unique but de poursuivre ensemble. Alors s'arrêter au moment où nous avions encore un profond amour l'un envers l'autre était sûrement mieux et plus sain pour tous.

Mais surtout il devenait urgent de nous reconnecter à nous même.

Bref, nous sommes arrivés au bout de cette histoire sans aucun regret de n'avoir pas tout mis en œuvre pour la faire évoluer, perdurer. C'était la vie.

Alors il y eu l'annonce à bambina et son parcours face à tout cela (un article sur la séparation des parents est prévu pour détailler un peu plus les choses), celle auprès des proches presque plus dévastés que nous, les regrets et les déchirements de l'incompatibilité amoureuse, les avis des gens sur la situation, les ragots me disant homo, la nouvelle vie à prendre en main, mes maladresses, la hâte du bonheur et de l'épanouissement et ce pire ennemi qui fut le temps.

Oui le temps. Celui qui nous voile la dureté du chemin nous faisant croire que l'on est empli de joie face au renouveau, et de fierté d'avoir enfin pris notre destin en main pour ne plus juste se satisfaire mais pleinement vivre. Celui qui met en évidence le vide sous nos pieds, nos repères envolés, nos amis éparpillés...

Et puis, on fait bonne figure. Devant sa fille pour la rassurer. Devant sa famille pour ne pas entendre de reproches du soudain EX. Devant ce soudain EX car il a un peu le mauvais rôle. Devant ses amis car la déprime ça peut lasser. Et puis on chute un soir de fête où finalement plus personne ne s'inquiète de la décisionnaire en bonne figure. Elle ne souffre pas celle-ci, elle sourit, elle répond :"bien et toi ?". Et puis on pense, c'est moi qui ai décidé alors "JOIE".

Mais la joie ne vient pas et le contrecoup arrive. On est tiraillé entre la culpabilité, la peur du regret, la tristesse et le manque. Bien sûr que c'est la bonne décision, on en est sûr mais là dans l'instant, cela n'a jamais été aussi dur. On rassemble toute ses forces pour remonter doucement, gentiment, sans plus de bonne figure car on y arrive plus et vient le départ du deuxième homme de vie : un père. Les deux choses qui me faisaient le plus peur dans la vie à savoir - me séparer du père de ma fille et accompagner le mien dans cette phase terminale d'une longue maladie - sont arrivées à deux mois d'intervalles.

À ce moment précisément, on pleure... Épuisement. Colère. Incompréhension. Usure. Un mauvais sort qui s'acharne. Et on entre au plus profond de soi pour aller à l'essentiel et tenter d'avancer pas à pas.

Cet homme qui part, ce père là... On a le choix de le laisser partir seul ou de l'accompagner. Je décide finalement au bord de l'épuisement de l'accompagner. C'est une chose inimaginablement difficile mais un tel bonheur d'accompagner un proche aux portes du sommeil éternel. Je lai fait mais je me suis écoutée et protégée lorsque cela était nécessaire. Je commençai finalement (même dans l'épreuve) à entrer au plus profond de moi.


Le vide.

Plus d'énergie. Plus de présence. Plus de repères. Mais quand arrive la fin du tunnel ? Tout devient épreuve. Se concentrer. Payer. Manger. Dormir. Parler. Materniser. Se laver. Pleurer. Rire. Se lever. Marcher, Regarder, ... Mais l'ennemi temps devient pas à pas allié.

Les amis, ces bras réconfortants, ces téléphones décrochés quand le monde s'écroule sous nos pieds, la famille qui se soude, l'enfant qui rit, le vent qui caresse, la vie qui reprend son cours... Toute infime attention est un précieux cadeau.

Une amie me dit quelques temps après tout cela : "C'est un peu comme si tu avais perdu les deux hommes de ta vie". Oui, la vie m'a donné cette chance là. Je le vois ainsi car, au moment où je perdais ces deux hommes, j'étais en quête de la femme que je souhaitais retrouver.

Alors on avance pas à pas et on garde en tête le doux conseil de cette même amie : "Penses jour après jour, heure après heure et contente toi de l'infime petit bonheur".

On se concentre. On paye. On mange. On dort. On parle. On maternise. On se lave. On pleure. On rit. On se lève. On marche. On regarde, ...


On s'aime soi, on se sculpte soi et on se félicite. On apprend que cet amour à soi est l'unique chose qui rend les relations envers autrui profonde et dénuées d'attentes. On chute à nouveau par moment mais on sait ce que c'est alors on continu. On chutera à nouveau et on continuera encore et encore.

Parfois je me disais : "c'est pour bambina que je le fais" et non... j'ai bel et bien réalisé que pour la première fois, c'est pour moi.

Et aussi, on remercie tellement sa famille, ses amis, Julie, Marie, Muriel, bambina, son EX, les livres, les bouts de sens, la nature et la vie ;)

C'était donc cela ce long silence pour ce retour à moi.

Au plaisir, Élodie.


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